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Çà y est, les Bléro n ailes se lâchent ! !
Samedi 23 octobre, sortie St André.
A vrai dire, c'était plutôt pour accompagner Rémy qui essayait une voile (l'Artax) et moi, une Valluna.
Pas de chance, la Valluna n'était pas arrivée.
Après le plouf du matin en Sud-est, nous voilà remontés au déco avec le casse-croûte entre les dents.
Par chance, Véro nous accompagne et sera notre sauveteur !
Jérôme et Philippe (de Majuscule) ont rejoint le reste de la troupe composée de :
Jean, Rémy, Philippe, Laurent et moi-même.
En haut, le parking est plein, comme d'hab je suppose.
Le club de Gourdon est présent, en stage stimulant. Bcp de pilotes et des belles voiles.
Entre autres Gin Boom 3 et Gradient Aspen.
Conditions fumantes : pas de météo, brise uniquement.
C'est Laurence, la crosswoman, qui fait le fusible. Belle démonstration d'analyse et de pilotage.
Il est pas encore 13 h quand elle s'élance. Passage au dessus du déco delta où elle trouve le thermique.
Les Courpatas qui décollent après elle, la suivront mais avec moins de brio. Pourtant, ils ont eu droit à un briefing ,comme nous d'ailleurs, grâce à Philippe.
Je suis tendu, normal, j'ai très peu volé ici, à peine des ploufs et la dernière fois, je suis resté au sol après avoir assisté à un accident tragique.
Les Bléro se préparent après avoir laissé passer le club de Gourdon.
Je saute dans ma sellette, la brise est maintenant bien installé.
Juste un prégonflage, je ne traîne pas. Je gonfle, mon Eden 2 s'élève facilement, je me retourne et me voilà en l'air.
Je me rappelle les paroles de Philippe. Si çà monte pas, ne pas traîner et aller chercher plus loin, si lui, le faisait.
Manque de pot, çà monte pas vraiment, je suis parti à droite. Priorité, il faut rester concentré et attentif.
Je me dirige vers les antennes. Çà monte au relief de partout, je me rappelle pas tout, mais c'est sans pb que je les dépasse.
Je vois plus loin les voiles de ceux qui sont partis avant nous. Ils ouvrent la voie qui est évidente.
Col de ?. Première transition, elle est importante mais de l'autre côté, çà monte. J'ai du gaz et sans hésitation je transite. Le peloton est étiré, je peux coller le relief et faire mes 8 sans être gêné.
Plus haut et un peu plus loin, les thermiques sont généreux, j'entends le vario qui hurle mais je ne regarde pas à combien je monte. Je ne suis plus très loin du Cheval Blanc. Le Col de Séoune, petite transition de rien du tout et j'y arrive.
Seulement, j'ai fait le vol quasiment seul et en tête.
Philippe, notre guide était tjs en dessous. D'ailleurs, il s'est posé sur le plateau au dessus de Lambrisse.
J'apprendrai plus tard qu'il essayait une sellette et qu'il était mal installé.
Alors, avant de transiter, j'ai hésité, trop longtemps peut-être. Mes 600 m de gaz se sont réduit à 300 et quand je vois Philippe transiter et arriver radada, je le suis. Çà doit reprendre si j'ai bien compris.
J'arrive au pied du Cheval Blanc, colle au relief et malgré mon application pour remonter, je perds tout le peu que je gagne. Ca secoue pas mal , je suis scotché en entrée de thermique par une vitesse un peu basse. Cà y est, je crois que je suis bon pour me vacher. Seul espoir me dis-je, le pierrier un peu plus loin, en ne collant pas trop le relief.
J'y vais, et bingo, çà monte mieux que sur la petite face sud. Je me refais ainsi que Philippe qui est déjà à la crête. Quand je le rejoins la haut, je le vois qui file direction St André !
Le bougre, il me laisse. Plus loin les nuages coiffent la montagne à 2000 m.
On ne pourra pas y aller.
J'ai envie d'aller à Digne mais le plaf est trop bas, 2600 à mon avis.
Le Couard, 2 voiles y sont et 2 autres en reviennent.
Entre temps, je crois reconnaître la voile de Jérôme. Un appel radio mais . pas de réponse.
Je me sens un peu seul, où sont les copains ? Finalement, Je vois les bras et les pieds de Jérôme qui s'agitent pour me dire que c'est bien lui. Il n'a pas répondu à la radio car elle lui était inaccessible dans le dos ! ! !
Je pars, direction du Couard. Jérôme va me suivre, j'en suis sûr ! ! !
Je passe au dessus de la Reynière, je me retourne, Jérôme ne veut pas venir, et la, casse tête, comment passer la montagne de coupe et passer sur la face W sans gaz ?
Impossible, je fais une approche, je suis à 2100. Les 2 dernières voiles rentrent, je suis encore plus seul. Je sens la voile qui bouge alors demi tour, je vais essayer de me poser dans la vallée le plus près de la route.
Je trouve un thermique qui monte tout doux, j'enroule et il dérive en me ramenant d'où je venais. Finalement, je peux rentrer par le même chemin !
Re Cheval Blanc, mais Jérôme a disparu, non seulement il ne m'a pas suivi mais quand je rentre , il m'attend pas ! ! !
Petite transition facile, pas comme à l'aller et des thermiques plus doux. Je vois Jérôme qui tente la grosse transition de ? et qui se fait ratatiner. Je décide de prendre plus de gaz. Laurent me parle en radio, il est posé à Lambruisse.
2400 ! Çà doit être largement suffisant me dis-je. Jérôme reviens vers moi pour reprendre du gaz.
Je suis parti, le taux de chute est sévère, -4 -5 mais çà doit passer, je suis haut.
J'avance mais je plombe, ce sera juste, mon optimisme est largement grignoté, j'envisage même une vache car le petit plateau me semble bien près. Tant pis, peux plus faire demi tour. Je suis accéléré 1er barreau, le sol et les cimes des sapins s'approchent rapidement, j'arrête d'accélérer, pour moins perdre, quand je sens de l'air chaud, ouf , il était temps. Je me rapproche à nouveau de la pente et soulagement, le vario se réveille timidement. Je suis sauvé. Je me retourne et vois Jérôme 30 m au dessus, il est parti de plus haut s'est fait bien plombé aussi.
On rentre aux antennes sans problème. Je préviens Rémy qui a réussi à se faire ramener de Lambrisse où un paquet de pilotes n'a pas pu faire la transition du retour. J'en suis tout " fier ".
Le déco, 100 m au dessus et direction l'attéro. Je réalise bien après que j'aurai pu continuer sur la crêtes des Serrres ou Chamatte mais je n'avais rien voulu enroulé. Je m'y dirige sans grande conviction et assure mon atterrissage car il y a l'école qui vole, il est 16h30 environ.
Véro me rejoint, je suis tout heureux d'avoir fait ce parcours. Mais ce n'est pas la même chose que lorsque j'ai fait mon 1er cross avec Titi ( le pauvre, il a raté quelque chose aujourd'hui).
J'espère que les autres Bléro raconteront leur vol, moi je suis encore tout excité d'avoir fait cette distance, mais je regrette qu'on ait pas pu volé + en groupe. Je pense que le retour sur Digne est envisageable même si ce sera difficile.
CUTY TIENVU
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