Accueil Photos vidéos Récit de vol Voler à Digne les bains Liens forum

DATE: 17 JUIN 2005

BLAIREAUX: Christophe Lucas, Mathieu Lourmiere (un blaireaun'ailes)

MATOS: Gratté à droite et à gauche...

PARCOURS: Voir la carte, mais bon, en gros ils sont montés au Mont Blanc en suivant les autres...des malades j'vous dis !

Durée du trip : 3 jours

RECIT: OBJECTIF MONT BLANC

Début mai 2005, échange entre collègues sur les randonnées du dernier week-end => Que pourrions-nous faire maintenant ? Je leur dis : « Le Mont Pelat qui n’est pas très difficile : ce serait mon 1er 3000m », Mathieu : «Oui, mais alors pourquoi pas le Mont Blanc, c’est mon rêve ? ». Je lui réponds : « Tu as déjà fait de la haute montagne?, moi pas, tu ne crois pas que c’est un peu fou ! », Mathieu : « moi, non plus, je ne connais pas la haute montagne ! , mais il paraît que c’est à la portée de randonneurs bien préparés»….

Aussitôt, un collègue nous parle de son expérience réussie avec un groupe de jeunes, un autre de son échec mal vécu à cause du mauvais temps. Je me mets à lire des ouvrages sur cette ascension qui pour des alpinistes chevronnés ne constitue qu’une grande randonnée glaciaire. Il en ressort que pour réussir cette course, il faut être bien préparé physiquement (de l’endurance pour les 10/12h de marche du dernier jour), avoir le matériel nécessaire et savoir s’en servir (corde avec baudrier, crampons,...), avoir de bonnes conditions météo, ne pas hésiter à renoncer si pb, supporter l’altitude (les troubles pouvant arriver vers 3 500m pour n’importe qui).

Après un WE de découverte début juin au Glacier Blanc pour faire connaissance avec le matériel nécessaire (piolet, chaussures, crampons, …), avec de la marche sur glace et une découverte des règles de sécurité, je reviens à la fois optimiste et sceptique mais sûr qu’il est préférable de coucher en refuge plutôt que d’emmener en plus le matériel pour bivouaquer dehors. Au grand dam de Mathieu qui voulait le faire en autonomie totale.

Début juin, nous regardons les cartes pour savoir quel itinéraire emprunter, où coucher et quel horaire se fixer. Nous décidons de tenter l’ascension sans acclimatation à l’altitude (=> sur 2 jours), en prenant la voie classique(le Goûter) , sans prendre de guide( cela coûte entre 650 € et 950 € par personne) et sans effectuer de sortie commune préalable(par manque de temps).

Le jeudi 10 juin, nous faisons rapidement le point pour fixer une date qui puisse nous convenir : ce pourrait être entre le 18 et le 20 juin.

Lundi 14 juin, la météo s’annonce favorable à partir du 16 juin. Contacts avec le refuge pour savoir s’il y a des places : il faut rappeler pour éventuellement une possibilité le vendredi 17 juin ou le dimanche 19 juin.

Le mardi 15 juin, le refuge nous confirme 2 places pour le vendredi soir : cela commence à se préciser sérieusement.

Mercredi 16 juin, nous faisons le point sur tout l’équipement nécessaire en empruntant à des copains : nous nous réservons la possibilité de louer une paire de chaussures rigides sur place si elles nous conviennent bien aux pieds. Nous dressons la liste de tout le matériel à emporter , voyons pour la nourriture et pour l’eau. Nous mangerons le soir au refuge : priorité à l’allègement.

Vendredi 17 juin : réveil à 7h , il fait beau, petit déjeuner dans la voiture, remplissage des sacs à dos ; location d’une paire de chaussures dans un magasin avec quelques questions au loueur qui connaît le terrain et nous confirme dans notre choix de voie : c’est la plus sûre ; il est conseillé de revenir par le même parcours, il y a moins de risques.

9h : TMB, nous prenons les billets (aller simple, on ne sait jamais ce qui peut arriver …. ou si on revient par Chamonix)

9h20 : départ de 900m, arrivée à 2 300m vers 10h20 : 2ème étape

10h30 : début de l’ascension, (en fait c’est une marche relativement tranquille sans équipement jusqu’au 1er refuge), les autres randonneurs sont quasiment tous partis plus tôt.

13h : arrivée au refuge de Tête Rousse(3 150 m) après une 1ère traversée facile à l’horizontale sur un bout de glacier (notre 3ème étape). Nous mangeons et nous équipons sérieusement : apparemment, c’est à partir de ce point que les choses délicates commencent. Nous apercevons le 2ème refuge 700m au dessus dans les rochers mais le sentier n’est pas évident même à la jumelle; à priori, c’est dans les rochers verglacés en partie qu’il va falloir passer !!! In quiétude

13h 45 : départ pour l’ascension dans la neige puis traversée d’un couloir dangereux pour les chutes de pierres, puis rochers équipés en partie de câbles. 700m de dénivelé c’est long pour quelqu’un qui ne pratique pas l’escalade ni la haute montagne => 3h de tension nerveuse.

16h30 : arrivée au refuge du Goûter à 3 860m dans les nuages et la glace au sol => 4ème étape atteinte. Nous prenons nos quartiers (c’est la 1ère fois que nous dormons dans un refuge), nous nous renseignons sur les horaires : ce sera au 2ème service, le soir à 18h45 et le matin à 2h20. Extinction des lumières vers 20h. je m’aperçois que j’ai perdu ma polaire dans l’ascension => j’en demande une à un des gardiens qui bien gentiment m’en prête une autre.
L’altitude se fait sentir, je me sens bizarre => je prends une aspirine et je vais m’allonger : j’ai des frissons de fatigue, de stress et de froid.

18h45 : repas avec 4 toulonnais qui retentent l’ascension pour la 2ème fois de la semaine, 1 anglais et 1 polonais. On échange nos expériences ou nos craintes.
19h45 : on se couche. Au bout de peu de temps, on entend un gros ronfleur, on met les boules quiés.
21h : je me relève pour aller aux toilettes, le ciel se dégage => je préviens Mathieu qui se relève aussitôt pour admirer et prendre des photo.

1h45 : on entend les 1ers qui se lèvent

Nous prenons notre temps pour nous préparer, pour bien déjeuner.
3h20 : nous partons en derniers avec la cordée du polonais et de l’anglais. Il ne fait pas très froid, le ciel est bien étoilé => les conditions s’annoncent excellentes. Nous apercevons un long serpentin de lumières dans la montée du Dôme du Goûter, c’est magnifique . Il nous faut un peu de temps pour nous destresser : ce n’est pas évident de marcher dans l’obscurité sans trop savoir ce qu’il y a de chaque côté.

Au bout d’1/2 heure, nous rencontrons la 1ère cordée qui fait demi-tour. Nous progressons à un bon rythme régulier sans arrêts, sans trop parler. Le jour se lève progressivement, cela devient rudement beau.

PAGE SUIVANTE